Au début de ce carême 2026, savez-vous ce que j’ai découvert ? Prier vraiment, c’est vivre la transfiguration. Si je vous demande : « dites en deux mots ce que c’est, prier ! » qu’est-ce que vous dites ? Pour moi prier c’est « être en amour avec Dieu ».
Vous arrive-t-il de vous arrêter devant le Saint Sacrement, où chez vous, et de rester là, silencieux comme un amoureux ou une amoureuse? ABBA m’aime, je me laisse aimer, et je l’aime moi aussi. C’est là qu’IL me transfigure.
On ne peut pas être en amour avec une personne, si on ne la connait pas. Dieu est venu jusqu’à nous. Par Jésus, par l’Évangile, par l’Église nous découvrons Dieu tout proche, tout proche de nous. Il ne s’agit pas, bien sûr, d’apparition mais de confiance. Car à mon baptême, j’ai reçu le cadeau inestimable de la foi. Alors sans voir l’Invisible, je crois en ce qu’IL me dit. Je sais qu’il est là. IL EST TOUJOURS DÉJÀ LÀ, et IL m’aime à la folie. En l’accueillant, je tombe en amour avec lui. Et comme tout est possible à Dieu, et qu’il m’aime, je l’aime moi aussi. Plus je l’aime, plus je veux le regarder et vivre ma vie de tous les jours avec lui, c’est-à-dire, servir les autres en sa présence, « Aimer Jésus et le faire aimer ». Depuis que j’ai vécu la transfiguration, je n’hésite plus à appeler Dieu : ABBA, « petit papa chéri », avec tout ce qui en découle.
Se pourrait-il que nous ayons développé des attitudes païennes avec le Seigneur. Est-ce que j’ai peur de Dieu ? Est-ce que je le soupçonne de me punir de mes péchés ? Est-ce que lorsque je suis avec lui, je parle, je parle jusqu’à rabâcher comme les païens ? Est-ce que je dis des prières en baillant ? Est-ce que je formule des demandes, sans m’occuper de lui. Je ne prends même pas le temps de le regarder dans les yeux. En un mot, je ne l’aime pas ! Je m’aime moi-même ! Pourtant Jésus nous a révélé à quel point ABBA est bon : il fait lever son soleil sur tous les humains ; il habille de splendeur les lis des champs ; il ne donne pas un scorpion mais du pain… Il pardonne comme IL respire.
La découverte de notre misère nous amaigrit et nous permet de passer la porte étroite. C’est là que nous expérimentons la transfiguration de notre cœur. Et elle nous conduit à rester silencieux en présence de Dieu, et à nous laisser aimer, non pas comme nous aimerions être, mais comme nous sommes.
La petite Thérèse ne nous trompe pas lorsqu’elle écrit : « Quand on se voit si misérable, on ne veut plus se considérer et on ne regarde que l’unique bien-aimé ». Bonne transfiguration !