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Lazare, viens dehors !

« Lazare, viens dehors ! » Qu’a pensé Lazare lorsqu’il s’est retrouvé à la lumière ? S’est-il contenté de goûter la joie de retrouver tout ce qui s’était éteint pour lui quatre jours auparavant ? Sans doute a-t-il appris de Marthe et Marie ce qui s’était passé ; le désarroi des deux sœurs, les reproches de Marthe à Jésus – Si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort – puis l’acte de remise totale à la parole du Seigneur : Je crois, Seigneur, tu es le Fils de Dieu, Celui qui vient dans le monde. Lazare a dû apprendre l’enchaînement incroyable, Marie aux pieds du Maître, les larmes de Jésus – oui, les larmes ! – et la scène devant le tombeau : Ne te l’avais-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. Jésus avait frémi – comme si la pierre du tombeau de Lazare anticipait celle qui serait roulée sur son propre cadavre, descendu de la croix, quelques jours plus tard. Mais le Père avait d’avance exaucé sa prière : la pierre avait été roulée. Lazare, viens dehors ! Et Lazare était sorti du tombeau…

« Déliez-le, et laissez-le aller. ». Comment Lazare n’aurait-il pas pensé alors que Celui qui prononçait ces mots venait de le délier – lui, Lazare, et tous ceux qui croiraient après lui en la parole du Maître – de bien plus que des bandelettes funèbres ? Déliés du péché, du mal, de la mort. Les liens de la mort m’enserraient, j’étais pris aux pièges de la mort ; dans mon angoisse j’appelai le Seigneur, mon cri parvient à ses oreilles (Ps. 17). Comment la foi de Lazare ne serait-elle pas devenue totale, entière, absolue ? Jésus n’était plus désormais seulement l’hôte, l’ami, le maître de sagesse, mais Celui devant qui l’acte de foi devenait total : Tu es le Fils de Dieu, Celui qui vient dans le monde. « Délié », Lazare n’avait plus à se demander où « aller » : Il ne pouvait plus que suivre, et suivre jusqu’au bout, Celui qui était le chemin, la vérité et la vie ; comme Pierre il pouvait dire : Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle.

Et nous ? Qu’allons-nous faire lorsque l’on aura roulé la pierre du confinement et que nous serons sortis dehors ?

N’aurons-nous de pensée que pour retrouver au plus vite, sans discernement, tout ce dont nous aurons été privés, ou nous laisserons-nous instruire par tout ce qui se sera passé ?

Partagerons-nous seulement les reproches de Marthe – Seigneur, où étais-tu pendant ce temps-là ? – ou reprendrons-nous sa profession de foi : Tu es le Fils de Dieu, Celui qui vient en ce monde ?

Nous laisserons-nous toucher par les larmes du Maître pour avoir compassion, nous aussi, de tous ceux pour qui ce temps aura été celui de l’épreuve douloureuse, du déchirement, du deuil - mais entendrons-nous aussi la promesse : Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ?

Comprendrons-nous que Jésus ne nous épargnera pas plus le passage par la souffrance et la mort qu’il ne se l’est épargné à lui-même, mais qu’il continue à nous dire : Je suis la Résurrection et la Vie ; celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra. Crois-tu cela ?

« Déliez-le et laissez-le aller ». Où irons-nous quand nous serons « déliés » ? Allons-nous « nous laisser aller », justement ? Où prendrons-nous le chemin de l’essentiel, cet essentiel que nous aurons peut-être redécouvert à la faveur de la privation ? La liberté de nous mouvoir, de nous retrouver, d’entrer en contact les uns avec les autres – mais aussi la liberté de prier ensemble et non plus séparément, la liberté de nous retrouver autour de la table de l’Eucharistie et d’y recevoir Celui qui se donne à nous en nourriture ? Ce jeûne, ce manque, nous aura-t-il appris la valeur infinie des choses simples, et, parmi elles, la valeur infinie de la messe, de la plus pauvre messe dans la plus pauvre église, qui devrait être pour nous, chaque fois, comme un cadeau immérité ? Quelle sera notre première sortie, notre première visite ? Celle pour l’action de grâces ou celle pour le superflu, celle pour se souvenir ou celle pour oublier, l’église ou le cinéma ? Que rendrai-je au Seigneur pour le bien qu’il m’a fait ? dit le Psaume – J’élèverai la coupe du salut en appelant le nom du Seigneur (Ps. 115).

Patience. Le Maître est en route, et l’heure de la délivrance viendra.

Abbé Bruno Martin

© Sœurs de Marie-Réconciliatrice(2010) - Responsable publication : Sr Marie-Samuel - Réalisation jpJ - Dernière mise à jour : 28/03/2020 -
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