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Dans quelle Europe vivons-nous ?

Nous écoutons depuis des semaines les questions et les débats soulevés par le souffle contestataire des « Gilets Jaunes ». D’autres titres se succèdent à la « Une » des journaux, tels le Brexit, Daech, la Chine... Bientôt nous voterons pour l’avenir de l’Europe. De quelle Europe parlons-nous et de quelle Europe voulons-nous pour plus de justice et d’humanité ?

Une déclaration de Monseigneur Aupetit, archevêque de Paris, retient notre attention à ce sujet. Elle vient du journal Le Monde. Cet interview n’a pas suscité les réactions auxquelles nous pouvions nous attendre et pourtant sa réponse mérite qu’on s’y arrête. « La question de l’Islam, dit-il, fait peur, à cause des attentes et de certains discours qui affirment que la France va devenir une terre d’Islam - on retrouve la questions de l’insécurité culturelle. Mais nous avons vécu dans le passé d’autres insécurités culturelles ! Sainte Geneviève, patronne de Paris vivait à l’époque d’Attila et de Childéric, roi des Francs. Les Germains et les Francs qui arrivaient, n’étaient pas du tout dans la culture gallo-romaine ni dans la culture chrétienne. C’était une transition colossale. L’Église, alors, a privilégié la culture évangélique, quitte à sacrifier la culture romaine. Cette période bien pire que la nôtre a aussi fait ce que nous sommes ».

Le commentaire d’Olivier Roy répond : le message est très clair : l’identité n’a pas sa place ! Nous dirions la fixation identitaire qui rejette celui qui ne pense pas comme moi. Le chrétien minoritaire ne doit pas s’enfermer par la peur. Le barbare est un futur chrétien, serait-ce au prix de notre propre déculturation. La religion doit se reconstruire au-delà de la culture. Monseigneur Aupetit rejette ce qui fait le fondement même du populisme : l’identité nostalgique.

Nous rejoignons ici la situation de Saint Martin de Tours en son IV° siècle s’adressant aux européens entre appartenance romaine et présence des barbares, pour leur annoncer sa foi au Christ à temps et à contre-temps. Sans arme, il se tient face aux barbares, à Worms. Ceux-ci s’avancent alors pour parlementer avec l’empereur. Nous ne devons pas séparer le geste du partage du manteau à Amiens, de celui du champ de bataille de Worms, où notre soldat baptisé met toute sa confiance au Christ pour renoncer aux armes. Au lieu de se replier sur lui-même, le chrétien de notre XXI° siècle doit partir à la conquête d’un peuple qui ne vit plus de la parole de Dieu et ne reconnaît plus Jésus Christ l’Homme-Dieu. Rappelons-nous l’exemple de Saint Martin de Tours qui depuis son baptême sous l’habit militaire, son engagement comme moine à Ligugé et jusqu’à ses années à la tête du diocèse de Tours, se fait tout à tous, pour les sauver tous, par une charité si grande qu’elle imprègne les lieux et la mémoire des peuples de notre vieille Europe depuis 1700 ans.

Chacun en sa vocation diverse, se doit de l’imiter dans ce monde où le sécularisme et l’islam sont les deux versants du « nouvel état de barbarie ». À la même époque surgissent les noms de Saint Hilaire, Saint Benoît de Nursie, Saint Ambroise, Saint Augustin. Ils ont su faire face avec la Parole de Dieu. Prions Saint Martin qu’il nous donne un courage joyeux et une charité abondante pour traduire le message du Christ Seigneur, en notre Europe dont nous attendons un grand souffle d’âme.

Frère Serge Grandais, sv

© Sœurs de Marie-Réconciliatrice(2010) - Responsable publication : Sr Marie-Samuel - Réalisation jpJ - Dernière mise à jour : 16/02/2019 -
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