Jésus à Noël vient jusqu’à nous prendre notre condition mortelle pour nous élever jusqu’à lui. Il vit ainsi un abaissement, une kénose (du grec kenosis : « action de se dépouiller de toute chose et de soi-même »). Oui, Dieu le Verbe s’est fait homme ! et cet abaissement, on pourrait presque dire cet anéantissement, il le vit avec Amour pour nous jusqu’au dénuement de la crèche mais aussi, alors qu’il n’avait certes pas besoin de se purifier par le baptême de Jean, Jésus va jusqu’à descendre dans les eaux du Jourdain. Il le fait pour les sanctifier et donner aux eaux du baptême d’être dorénavant bien plus qu’un bain de purification spirituelle, pour devenir l’eau de notre Nouvelle Naissance en Lui ! Désormais, dans cette eau sanctifiée, le peuple de Dieu tout entier, et chacun de nous passera - comme autrefois les Hébreux à travers la Mer Rouge - de l’esclavage à la liberté, et de la mort à la vie, mais ce sera cette fois la Pâque par excellence : notre grand passage de l’esclavage du péché à la liberté des Enfants de Dieu, un passage à la vie de Dieu elle-même !
Comme à la Crèche donc et comme plus tard au Lavement des pieds et bien sûr à la Croix, au Baptême Jésus s’abaisse pour épouser notre condition mortelle ; et, sans être pécheur lui-même, il se fait totalement solidaire des pécheurs afin de les relever et de les élever jusqu’à sa vie divine, jusqu’à la vie trinitaire à laquelle nous devenons participants par notre nouvelle Naissance dans le bain du baptême !
Le baptême de purification que Jean proposait à ses contemporains pour se préparer à accueillir le Messie était une démarche pénitentielle, afin de préparer les cœurs à l’accueil de l’Époux divin du Peuple de Dieu et de son Église née dans l’eau du baptême. C’est d’ailleurs, au baptême, une « théophanie » (une « manifestation de Dieu ») oui, c’est bien une manifestation de la Trinité qui est là présente au baptême de Jésus avec l’Esprit-Saint sous la forme d’une colombe et le Père dont la voix retentit : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection » (Mt 3,17), « écoutez-le ! » ajoutera-t-il plus tard à la théophanie de la Transfiguration sur le Mont Thabor ! (Mt 17,5).
Ainsi, comme à la crèche, au baptême Jésus se rend totalement accessible par son abaissement jusqu’à nous ; car Dieu a un penchant pour nous et il s’abaisse jusqu’à nous ce qui est l’autre nom de la « miséricorde » : étymologiquement un « cœur qui se penche vers la misère » de la petite créature humaine - qui plus est pécheresse - et qui a besoin d’être saisie par l’Amour sauveur de notre Dieu pour être élevée jusqu’à Lui.
Ainsi, si proche de nous dans ce petit enfant attendrissant de la crèche, Jésus, au baptême, se rend totalement accessible dans son rôle de Sauveur qui vient nous relever du péché par son propre abaissement jusqu’à nous. Puissions-nous tous être ses fidèles disciples, tel que nous y invite Jean-Baptiste ainsi que notre Père des Cieux : « Écoutez-le ! »