Jésus, le Juif, est en Samarie, au puits de Jacob. Il va entrer en relation avec une femme, une Samaritaine. S’établit alors, un dialogue merveilleux. Cette rencontre est à contempler. Elle nous dit Dieu. Puissions-nous en recueillir la beauté.
Une femme du pays vient chercher de l’eau à midi, en pleine chaleur. C’est surprenant. Est-ce pour se cacher des autres femmes qui sont venues en début de journée, à la fraîche ? Comme par hasard, Jésus est là. Il ose demander de l’eau à la Samaritaine, qui se voulait, sans doute, toute discrète. Mais cette femme ose répondre. Elle aurait pu ne pas parler. Elle dit son étonnement. Elle est Samaritaine. Elle est femme. Tout bon Juif religieux doit éviter tout contact avec un Samaritain, surtout une femme, surtout pour lui demander de l’eau. Jésus dépasse toutes les convenances, pour la rejoindre.
Jésus voit un dialogue possible. Alors, il en profite. Et c’est un dialogue qui n’en est pas un, car ils ne sont pas sur la même longueur d’onde : Jésus parle d’eau vive, d’eau courante qu’il peut offrir. Mais la Samaritaine en est restée à son puits, même si on la sent questionnante : « Serais-tu plus grand que notre père Jacob ? ». Jésus parle d’une eau qui donnerait la vie éternelle. Là, la femme suit encore moins… Jésus trouve enfin la brèche : « Appelle ton mari ». - « Je n’ai pas de mari ». Cela y est : Jésus a rejoint cette femme dans sa vie, ses secrets, dans sa souffrance et ses désirs. Elle se sait rejointe : « Tu es un prophète ». Mais elle garde ses distances : "Votre lieu de prière, c’est Jérusalem, nous, c’est Garizim, la montagne qui est là". Jésus lui dit alors : « Dieu est un chercheur. Le Père cherche l’homme. Le plus essentiel est de se présenter à Dieu en esprit et en vérité. Voilà la joie de Dieu ». Jérusalem ou Garizim, toutes nos frontières sont caduques. La Samaritaine ne garde plus ses distances. Elle dit désormais ce que les Juifs et les Samaritains ont en commun, l’attente d’un Messie. Jésus peut se présenter : « Je (le) suis, moi qui te parle ». La Samaritaine devient alors disciple-missionnaire auprès de tous les gens de son village, qui savent désormais que Jésus est le sauveur du monde.
Je retiens plusieurs messages :
Jésus dépasse toutes les convenances pour nous rejoindre. La rencontre de Jésus et de la Samaritaine se fait autour d’un puits. Le puits : combien de relations sont nées là, combien de mariages dans la Bible ? Le Dieu de Jésus nous cherche ! Il souhaite rencontrer cette étrangère dans ce qui fait profondément sa vie. Les premiers essais échouent. Puis, Jésus trouve la faille, le moyen de rejoindre cette femme dans ce qui est vital pour elle. Voilà qui est Dieu, chercheur de l’homme. Voilà où nous devons nous situer dans toutes nos rencontres. Comment pouvons-nous être le plus possible écoutant de ce qui est le plus essentiel chez chacun ?
« En esprit et en vérité ». Saint Jean se répète : « En esprit et en vérité ». L’important n’est plus le temple de Jérusalem. L’important est au cœur de chacun, dans le vrai de chacun, non pas dans les détails de sa vie, mais dans ce qui est le plus essentiel. Puissions-nous savoir écouter le plus essentiel. Puissions-nous vivre, le plus intensément possible, toutes nos rencontres.